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Automédication

05/04/2012

Les pharmacies lilloises font une croix sur la transparence.

Alors que l’automédication, l’ensemble des médicaments vendus sans ordonnance, représente un tiers des dépenses de médicaments des consommateurs et que les pharmacies bénéficient d’un monopole sur ce marché, l’UFC-Que Choisir de Lille rend publics aujourd’hui les résultats inquiétants de la réactualisation de son enquête de 2009 auprès des officines.
En effet, alors que la France se singularise en Europe par le maintien d’un monopole sur l’automédication, l’UFC-Que Choisir de Lille a enquêté auprès de 42 pharmacies1 de l’agglomération pour vérifier si le consommateur bénéficie du meilleur rapport qualité-sécurité-prix. Et le résultat est sans appel : les maux diagnostiqués lors de notre précédente enquête de 2009 s’agissant du conseil et des prix en officine semblent bel et bien chroniques !


UN CONSEIL GRIPPE
Alors que les pharmaciens se réfugient derrière leur qualité de professionnel de santé pour justifier leur monopole, plus d’une pharmacie enquêtée sur trois (38 %) n’a pas respecté spontanément son devoir de conseil, en délivrant, pour la même personne, deux médicaments incompatibles (aspirine et Rhinureflex, qui contient de l’ibuprofène) ! En l’absence de conseil spontané, notre enquêteur devait interroger le pharmacien sur la posologie à respecter pour la prise des deux médicaments. Mais aucun pharmacien n’a saisi cette occasion de repêchage pour mettre en garde l’enquêteur. Par ailleurs, 63 % seulement ont indiqué la posologie correcte du Rhinureflex, pourtant formellement rappelée quelques semaines auparavant par l’AFSSAPS, en raison de ses effets indésirables !


LA CONCURRENCE ANESTHESIEE PAR L’OPACITE DES PRIX
Seules 2 pharmacies enquêtées sur 3 proposent un affichage lisible du prix des médicaments vendus derrière le comptoir… Pire, 76 % ne se plient toujours pas à l’obligation de 2003 d’information des consommateurs sur la liberté de tarification des médicaments non remboursables.


UNE INQUIETANTE FIEVRE TARIFAIRE
Les prix relevés par nos enquêteurs font le grand écart. Ainsi, un médicament aussi courant que l’aspirine UPSA Vitamine C 330 mg a été acheté à des prix variant de 1,96 € à 3,27 €, soit un écart de 67 %. La mise en vente de certains médicaments devant le comptoir, autorisée en 2008, n’a donc pas eu les vertus tarifaires annoncées.


Dans ces conditions, se pose la question de la pertinence d’une libéralisation encadrée de la distribution des médicaments sans ordonnance en parapharmacies et dans des espaces dédiés en grandes surfaces. Cette mesure permettrait, pour le consommateur, une économie pouvant atteindre 16 % des dépenses de médicaments non remboursables (soit 269 millions d’€ par an) sans occasionner de fermeture de pharmacies.

 

Au vu des résultats préoccupants de son enquête, et soucieuse de promouvoir une automédication de meilleure qualité et moins chère, l’UFC-Que Choisir de Lille :

- saisit la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) en vue de réaliser des enquêtes auprès des pharmacies du département et sanctionner les infractions.
- Intervient auprès des parlementaires du département pour obtenir l’interdiction de toute publicité auprès du grand public concernant les spécialités d’automédication, en dehors des lieux de vente. ; la présence d’un encadré consacré aux interactions à éviter et aux contre-indications principales figurant sur toutes les boîtes des médicaments accessibles sans ordonnance ; et, enfin, un élargissement de la distribution des médicaments accessibles sans ordonnance aux parapharmacies et aux grandes surfaces, à la condition impérative que la vente s’effectue sous la surveillance directe d’un pharmacien diplômé.

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